BARBARA ABEL : UNE ECRIVAINE EN CLASSE

Elle nous arrive cheveux au vent, son casque de moto à la main. Elle enlève rapidement son blouson et commence à parler. De sa carrière d’écrivain de polars. De ses espérances de se faire adapter au cinéma. De ses études de lettres.

Barbara Abel a le vent en poupe. A la radio, sur La Première, on l’entend présenter son nouveau roman « Je sais pas », l’histoire d’un ange de petite fille qui est en réalité un vrai démon. Mais ce n’est pas pour ce roman-là que l’écrivaine a été invitée en classe. Nous, nous venons de lire « L’innocence des bourreaux ».

Voici quelques questions que nous avons posées à l’auteur.

6Q2/6Q3 : D’où vous vient l’inspiration ?

Tous mes romans sont des thrillers.  Les personnages évoluant dans mon œuvre sont toujours des personnages ordinaires placés dans une situation extraordinaire, qui va dégénérer et complètement basculer dans l’horreur. Ainsi, dans « L’innocence des bourreaux », chaque personnage se trouve à un moment donné dans un supermarché où va se passer un braquage.  Aline, le personnage central du roman, c’est un peu moi dans ma relation avec mon fils de seize ans. Ce que je veux dire, c’est que je mets en scène des éléments que je puise dans ma vie de tous les jours.

 

6Q2/6Q3 : Le braqueur vit une crise de manque. Comment avez-vous fait pour écrire la scène ?

Au départ, je ne savais pas comment la raconter. J’ai donc effectué des recherches. J’ai beaucoup lu sur les drogues. J’ai participé à des forums sur le net, écouté des témoignages.

 

6Q2/6Q3 : Y aura-t-il une adaptation cinématographique ?

Oui. Le livre est optionné. Il s’agira d’en faire une suite de mini-séries de 8 fois 52 minutes. L’histoire a été achetée mais je m’attends à ce qu’il y ait des modifications.

 

6Q2/6Q3 : Comment vous êtes-vous lancée dans l’écriture ?

En réalité, je voulais devenir comédienne. J’adore lire depuis toujours. Quand j’étais plus jeune, il n’y avait pas de jeux vidéo, pas de GSM. Je passais donc beaucoup de temps à lire. J’ai  commencé par écrire une pièce et je l’ai montée. Ca a été une énorme aventure d’écriture et de casting. Et puis, j’ai rencontré un éditeur. De fil en aiguille, j’ai commencé à écrire un livre et celui-ci s’est bien vendu. Mais quand même, si j’étais jeune maintenant, je me demande si j’aurais le même rapport à la lecture …

 

6Q2/6Q3 : A quel âge avez-vous commencé à écrire ?

J’ai commencé assez tard. Je dirais que de manière professionnelle, j’ai commencé à plus de trente ans. Mais je me suis bien rattrapée car en quinze ans, j’ai écrit onze bouquins.

 

6Q2/6Q3 : Combien de temps vous faut-il pour écrire un roman ?

Il me faut un an. Je pars à l’aveuglette et puis je construis. Et dans ce boulot, il y a deux parties bien distinctes : d’abord imaginer, trouver l’idée. C’est ça qui prend le plus de temps, cinq, six mois au minimum. Et puis, il faut écrire, trouver les personnages. Pour « L’innocence des bourreaux », la première idée, c’était que la victime devienne un bourreau et que le bourreau devienne une victime. La deuxième idée était de passer d’une seule victime à plusieurs victimes. Ensuite, il fallait se demander qui allait devenir victime et qui deviendrait bourreau. Enfin, j’ai relié un père et son fils avec une mère et son ado. Tout cela, affalée sur le canapé de mon salon car rester couchée et réfléchir, c’est aussi bosser !

Encore un tout grand merci à Barbara Abel d’avoir pris de son précieux temps pour nous parler de son travail. Grâce à elle, nous avons d’autant plus apprécié « L’innocence des bourreaux ». Il ne nous reste plus qu’à lire son nouveau thriller  « Je sais pas », déjà bien coté en librairie. Du frisson en perspective !

 

                                                                                                          Propos recueillis par

                                                                                                          Brigitte Pensis

                                                                                                          Professeur de français